La vraie différence n'est pas la vitesse de lecture
Entre RFID et code-barres, la différence décisive n'est pas que la RFID lise plus vite, mais qu'elle lise sans visée et en lot. Un code-barres exige qu'on présente chaque document, ouvert à la bonne page, devant un lecteur. Une puce RFID répond dès qu'elle entre dans un champ, plusieurs à la fois, à travers la couverture. C'est cette propriété qui rend possibles le libre-service, le tri automatique et le récolement en rayon, et qu'aucune amélioration du code-barres ne permettra jamais.
Point par point
| Code-barres | RFID | |
|---|---|---|
| Lecture | Optique, un document à la fois, avec visée directe | Radio, plusieurs documents, à travers la couverture |
| Manipulation | Ouvrir, trouver l'étiquette, présenter | Poser la pile |
| Antivol | Dispositif séparé, bande magnétique à démagnétiser | Intégré à la même étiquette |
| Inventaire | Sortir chaque document et le scanner | Parcourir les rayons sans rien sortir |
| Libre-service | Possible mais lent et peu fluide | Le cas d'usage naturel |
| Tri automatique | Non praticable | Possible, jusqu'à plusieurs milliers de documents par heure |
| Coût unitaire | Quelques centimes | Environ quinze à vingt centimes pour un imprimé |
| Durée de vie | Usure par frottement et décoloration | Données garanties plusieurs décennies |
| Supports métalliques | Sans incidence | Étiquette renforcée nécessaire, plus coûteuse |
| Discrétion du contenu | Lisible uniquement en visée directe | Lisible à distance par tout lecteur compatible |
Les coûts indiqués sont des ordres de grandeur de fourniture, hors pose. Notre page budget détaille les fourchettes par type d'étiquette.
Ces exigences se recopient telles quelles dans un cahier des charges.
Le calcul qu'il faut vraiment faire
Comparer le prix d'une étiquette RFID à celui d'un code-barres n'a aucun sens : quinze centimes contre deux, la RFID perd à tous les coups. Le bon calcul porte sur le coût complet, sur la durée.
Côté code-barres, il faut compter deux supports par document, l'étiquette et la bande antivol, donc deux poses. Puis, à chaque prêt, le geste de démagnétisation et celui de remagnétisation au retour. Et chaque année, un récolement qui mobilise l'équipe plusieurs jours.
Côté RFID, un seul support, une seule pose, aucun geste supplémentaire au prêt puisque l'antivol bascule dans la même opération, et un récolement qui tient dans quelques heures de marche.
Sur dix ans, l'écart ne se joue pas sur le consommable. Il se joue sur les heures de travail.
Quand rester en code-barres est la bonne décision
Il y a des situations où nous conseillons de ne pas basculer, et les voici franchement.
- Un fonds modeste avec un flux faible. Le coût d'équipement des collections ne se rentabilisera pas sur le temps gagné.
- Une collection majoritairement audiovisuelle. Le surcoût des étiquettes renforcées change complètement l'équation budgétaire.
- Un bâtiment en fin de vie ou un déménagement prévu. Autant équiper une fois, dans les nouveaux locaux, plutôt que deux.
- Une équipe déjà saturée. Une campagne d'équipement est un projet en soi. La lancer sur une équipe à bout produit un fonds à moitié équipé, c'est-à-dire le pire des deux mondes.
La cohabitation est possible
Ce n'est pas un basculement du jour au lendemain. Pendant toute la durée de la campagne d'équipement, les documents pucés et les documents en code-barres coexistent dans les rayons. Les postes de travail lisent les deux, et les documents non encore équipés continuent d'être traités au comptoir.
Cette période intermédiaire dure le temps de votre campagne, parfois plusieurs années si vous équipez au fil de l'eau. Elle est parfaitement gérable, à condition d'avoir prévu que les portiques ne protégeront que les documents déjà pucés.
Les questions qui reviennent toujours
Peut-on garder le code-barres en plus de la RFID ?
Oui, et c'est même recommandé : on ne retire pas les code-barres existants. Ils servent de secours, facilitent certaines opérations de catalogage et permettent de traiter un document dont la puce serait défaillante. Les deux identifiants pointent vers la même notice.
Une étiquette RFID est-elle plus fragile qu'un code-barres ?
Différemment fragile. Un code-barres se dégrade par frottement et décoloration, ce qui est progressif et visible. Une puce ne s'use pas mais peut être arrachée, ce qui est brutal et invisible jusqu'à la prochaine lecture. En pratique, la qualité de l'adhésif et le soin de la pose comptent davantage que la technologie.
Combien coûte une étiquette RFID par rapport à un code-barres ?
Un code-barres coûte quelques centimes, une étiquette RFID pour imprimé de l'ordre de quinze à vingt centimes, et une étiquette renforcée pour audiovisuel plusieurs fois plus. Mais le code-barres exige en plus une bande antivol séparée, donc un second support et une seconde pose.
Faut-il retirer les anciennes bandes antivol magnétiques ?
Ce n'est pas nécessaire techniquement : elles n'interfèrent pas avec la RFID. Vous pouvez les laisser en place sur les documents déjà équipés. Il faut simplement décider à quel moment vous cessez d'en poser sur les nouvelles acquisitions, et prévoir la période où les deux systèmes de détection coexistent.
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