Norme

ISO 28560, l'assurance de ne pas être enfermé

ISO 28560 est la norme internationale qui définit ce qu'on écrit dans la puce RFID d'un document de bibliothèque, et comment on l'écrit. Elle ne décrit ni les équipements ni la radio, mais le contenu et sa structure. Son intérêt est simple et considérable : un fonds encodé selon cette norme reste lisible par n'importe quel système conforme, quel que soit le fournisseur qui l'a posé et celui qui viendra dans dix ans.

C'est la seule ligne d'un cahier des charges qui protège un investissement de plusieurs dizaines de milliers d'euros contre l'enfermement propriétaire. Elle mérite d'être comprise.

Les quatre parties de la norme

PartieObjetCe que ça veut dire pour vous
ISO 28560-1 Éléments de données et lignes directrices de mise en œuvre Le catalogue de ce qu'on peut écrire dans une puce, et ce qui est obligatoire
ISO 28560-2 Encodage à longueur variable, selon les règles d'ISO/IEC 15962 La méthode d'encodage la plus répandue, souple et extensible
ISO 28560-3 Encodage à longueur fixe Une alternative plus rigide, retenue par certains pays
ISO/TS 28560-4 Encodage dans une puce à mémoire partitionnée Spécification technique, pensée notamment pour d'autres familles de puces

La partie 1 a fait l'objet de plusieurs révisions depuis sa première publication. Quand vous écrivez votre cahier des charges, citez la partie retenue, ISO 28560-2 dans la grande majorité des cas en France, plutôt que la norme sans précision.

Un seul élément obligatoire

C'est ce qui surprend le plus quand on ouvre la norme : sur la longue liste des éléments de données qu'elle définit, un seul est obligatoire, l'identifiant primaire du document. Tout le reste est facultatif.

Parmi les éléments optionnels les plus utilisés en pratique : le code de l'établissement propriétaire, utile dans un réseau pour savoir où renvoyer un document, l'information d'ensemble qui indique qu'un document fait partie d'un lot de plusieurs pièces, un coffret par exemple, et le type d'usage qui distingue un document empruntable d'un document de consultation sur place.

Cette sobriété est voulue. Moins on écrit dans la puce, moins on expose d'information à un lecteur tiers, et plus l'encodage reste rapide et léger. C'est aussi pourquoi on n'écrit ni le titre ni l'auteur dans une puce de bibliothèque, alors que la norme le permettrait : ces informations vivent dans le SIGB, et les y laisser est un choix de protection des données autant que de simplicité.

IDRABIB, le profil français

À côté de la norme internationale existe un modèle de données français, IDRABIB, élaboré pour garantir l'interopérabilité entre bibliothèques françaises. Il est fréquemment désigné dans les consultations sous la référence FR01.

Un fonds encodé en IDRABIB est interopérable entre systèmes qui le reconnaissent, au même titre qu'un fonds encodé selon ISO 28560-2. Ce n'est pas un format propriétaire, et le choix entre les deux relève souvent de l'historique de l'établissement ou de son réseau.

En revanche, ce sont deux modèles distincts. Si vous rejoignez un réseau, ou si vous reprenez un fonds venu d'un autre établissement, vérifiez lequel a été utilisé. C'est la vraie question à poser avant de chiffrer un projet sur un fonds déjà pucé.

L'antivol et la norme

La norme touche aussi à la sécurité, par un mécanisme qu'il faut connaître : l'usage d'un indicateur de famille d'application, une valeur inscrite dans la puce qui sert à la fois à filtrer les étiquettes pertinentes et à porter l'état antivol du document. C'est le mécanisme recommandé dans le cadre d'ISO 28560-2.

Il existe une alternative, propre à certaines familles de puces, qui utilise un bit de sécurité dédié. Les deux fonctionnent, mais ils ne sont pas interchangeables : un portique réglé pour l'un ne verra pas l'autre. Faites préciser le mécanisme retenu dans votre marché, et vérifiez la cohérence entre vos étiquettes, vos platines et vos portiques.

Ces exigences se recopient telles quelles dans un cahier des charges.

Comment l'écrire dans un cahier des charges

Trois lignes suffisent, et elles valent plus que trois pages de spécifications matérielles.

  • Le modèle de données exigé, en nommant précisément ISO 28560 partie 2 ou IDRABIB FR01, et non « conforme ISO 28560 » sans plus de précision.
  • La liste des éléments de données à encoder, en restant sobre : identifiant primaire, établissement propriétaire si vous êtes en réseau, information d'ensemble si vous avez des coffrets.
  • Le mécanisme d'antivol retenu, et l'exigence de cohérence entre étiquettes, platines et portiques.

Et une exigence de plus, souvent oubliée : demandez que le prestataire fournisse en fin de campagne la documentation de l'encodage réellement appliqué. Dans dix ans, c'est ce document qui permettra à votre successeur de savoir ce qu'il y a dans les puces.

Questions fréquentes

Quelques points à éclaircir

Faut-il exiger ISO 28560 ou IDRABIB ?

L'un ou l'autre, mais nommez-le précisément. Les deux sont des modèles ouverts et interopérables. Le choix dépend souvent de votre historique ou de celui de votre réseau. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est écrire « conforme ISO 28560 » sans préciser la partie, car cela laisse la porte ouverte à des encodages incompatibles entre eux.

Que se passe-t-il si mon fonds a été encodé dans un format propriétaire ?

Vous êtes lié au prestataire qui l'a posé, ou vous devez réencoder. Le réencodage est techniquement possible puisque les puces supportent plus de cent mille réécritures, mais il suppose de repasser chaque document sur une platine, donc de refaire une campagne. C'est exactement ce que la norme évite.

Le titre du document est-il écrit dans la puce ?

La norme le permet mais l'usage français est de ne pas le faire. On n'écrit que l'identifiant et quelques éléments de gestion. Le titre reste dans le SIGB. C'est plus léger, plus rapide à encoder, et cela limite ce qu'un lecteur tiers pourrait lire à distance.

Comment savoir quel modèle a été utilisé sur mon fonds ?

Demandez la documentation d'encodage à votre prestataire d'origine. À défaut, une lecture de diagnostic sur un échantillon de documents permet de déterminer le modèle appliqué. C'est une vérification à faire avant de chiffrer un projet sur un fonds déjà équipé, jamais après.

La norme couvre-t-elle aussi les équipements ?

Non. ISO 28560 porte sur les données inscrites dans la puce. La communication radio relève d'autres normes, ISO 15693 et ISO 18000-3 pour la haute fréquence. Les équipements, eux, ne sont normalisés que par les protocoles d'échange avec le SIGB comme SIP2.

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